Je me rappelle m'être effondrée dans ma chambre… mais j'ouvre les yeux dans la forêt, dans mon pyjama déchiré, pieds nus et les mains pleines de terre. Bon sang, qu'est-ce que je fiche ici ??? Je ferme les yeux, respire lentement, mais ne me réveille pas de ce cauchemar. J'essaie de grimper à un arbre mais n'y parviens pas. Je me blottis auprès d'un tronc pour tenter de me réchauffer (vous avez déjà passé une nuit à la belle étoile dans le Montana ? Même à cette saison, il fait froid), et m'endors à nouveau.
« Joy ! Jooooooy ! » Je me lève d'un bond et me dirige vers la voix. Au loin, je repère ma mère qui s'époumone, et la rejoins vite. Elle me met son manteau sur les épaules et me serre dans ses bras, tandis que j'éclate en sanglots. Par bribes, elle m’’explique ce qui m’’est arrivé : sous le coup de l’’émotion, je me suis… transformée en louve. Je. Hein ??? Lentement, elle m'explique que je suis « bénie par Gaïa » ; comme l’’était son frère. Mais celui-ci est mort avant ma naissance, il ne pourra pas m’’aider. Cependant, mes parents n’’avaient pas choisi le Montana par hasard : mon oncle avait parlé à ma mère d’une communauté de loups-garous vivant dans les environs. Au cas où l’’un·e de leurs enfants se révèlerait avoir cette double-nature, mes parents avaient décidé de s’’établir là où iels pourraient obtenir de l’’aide en cas de besoin.
Tout ce qu’’elle m’’explique me semble insensé, mais force est de constater qu’’en quelques heures, je suis passée de ma chambre à cet endroit… à près de 16km. Et puis, sans me souvenir vraiment de ce qui s’’est passé, j’ai des « flashs » d’’odeurs, d’’une étrange sensation de liberté…
Tout en me cherchant, ma mère a appelé la communauté dont mon oncle lui avait parlé jadis : ces gens sont prêts à m’’accueillir, elle va donc m’’y emmener immédiatement. La route est longue, et elle a dû confier précipitamment Jessica et Honey à un couple d’amis, mais elle doit revenir au plus vite.