Bienvenue, cher·e visiteur·euse.
Tu liras ici les aventures d'une jeune adolescente de Missoula qui se croyait tout Ă fait banale, jusqu''Ă ce qu''un drame vienne bouleverser son existence tranquille.
Je m'appelle Joy Briggs. J'ai 16ans, et je vis une vie confortable d'adolescente privilégiée avec mon père, Jack, qui est professeur de biologie à l'Université du Montana, ma mère Sylvanie, écrivaine française (bon, elle n'a rien publié récemment, mais c'est que c'est du boulot d'élever trois filles), et mes sœurs Jessica et Honey, 12 et 10 ans.
En ce vendredi soir, je suis dans ma chambre, en train de penser au bal de Promo qui a lieu dans une semaine. Personne ne m'a invitée, et plus j'y pense, plus je me dis que je n'irai simplement pas. Je n'ai jamais eu d'ami·es ; et j'ai plutôt hâte de quitter le lycée. A quoi bon accepter l'invitation de dernière minute d''un garçon qui s'adressera à moi par dépit ? Et puis bon, j'ai vu Carrie.
Je suis tirée de mes pensées par la voix de ma mère qui, d'en bas, appelle mon père pour lui proposer un café, mais sans obtenir de réponse. Comme ma chambre est à côté du bureau de celui-ci, je vais voir ce qui l'absorbe tellement qu'il ne l''entende pas.
Je frappe à la porte entrouverte sans obtenir plus de réponse. J'entre et le trouve affalé sur son bureau, livide. Des livres sont renversés. Je me fige et appelle ma mère.
Une vingtaine de minutes plus tard, nous sommes aux urgences de l'hôpital de Missoula. Au bout d'un moment, ma mère me demande de ramener mes sœurs à la maison : autant que nous puissions dormir un peu, elle m'appellera dès qu'elle aura des nouvelles. J'obtempère à contrecœur, et tente en chemin de rassurer les petites du mieux que je peux, alors que je suis moi-même consumée d'angoisse.
Arrivée à la maison, j'installe Jessica et Honey sur le canapé, choisis un dessin animé sur la télé restée allumée, et vais préparer un chocolat. Dans la cuisine, je pers la notion du temps : le lait déborde de la casserole et je dois nettoyer et recommencer. J'apporte enfin les tasses dans le salon, puis monte dans le bureau de mon père, range la pièce et éteins son ordinateur. Je reviens ensuite me blottir avec mes sœurs. Elle finissent par s'endormir et, gagnée moi aussi par le sommeil, je les porte rapidement dans leur chambre avant d'aller me coucher.
Vers 3h du matin, la vibration de mon téléphone me réveille : ma mère. Je décroche, le cœur battant, espérant une bonne nouvelle – mais la voix blanche de ma mère me dit avant qu'elle trouve les mots la cruelle réalité : mon père est mort. Elle me demande de ne pas avertir mes sœurs tout de suite : elle leur dira elle-même à leur réveil. Alors qu'elle raccroche, je me sens tomber à quatre pattes, puis perds conscience.