Le soir même, je flânais en compagnie d’Elasa dans les beaux quartiers de Lune D’argent à peine reconstruite, elle semblait émerveillée de voir ces hautes flèches monter a nouveau vers le ciel et ces cristaux verts flotter un peu partout. Pour moi c’était surtout la preuve de la dépravation d’un peuple autrefois grand. Ces « elfes de sang » se gavaient de magie démoniaque à chaque fois qu’ils en voyaient, pour moi qui vivais chaque seconde de ma vie en compagnie de démons de l’enfer, la magie Démoniaque était une chose horrible, dont il faut se préserver. A tout prix. J’appréciais néanmoins la compagnie du jeune elfe, qui me faisait découvrir la ville de Lune d’ Argent, qui, malgré la corruption, était une œuvre d’art et de perfection.
Ce n’est que tard dans la soirée que nous rentrâmes, un peu éméchés, a notre petit appartement dans l’allée du meurtre.
Le lendemain matin, je me préparais a prendre mon premier « cours » avec le maitre démonologue, je saluai Elasa qui émergeait difficilement du sommeil en prenant une collation et sortit.
Après quelques minutes de marches, j’arrivait a l’endroit indiqué par le mage qui m’avait téléporté a Lune d’Argent, j’entrais.
La première chose que je vis furent les cristaux, plus brillant que ceux disposé dans Lune d’Argent et bien plus nombreux, malgré leur taille réduite. Je vis ensuite le maitre, Alamma.
Grand, svelte, dans une robe rouge, le maitre des démonistes fixait ses élèves avec des yeux vert, malsain.
Quand il prit la parole, il le fit avec une voix puissante et rauque.
-Vous qui avez accepté la magie démoniaque, vous qui avez passé le rituel d’acceptation...
Je n’écoutais plus. Je croyais trouver des gens qui, comme moi, avez était infectés involontairement. Ces elfes, que j’avais regardé avec respect quelques minutes auparavant avez Accepté la felmagie ! Ils c’était volontairement transformés en monstre, en démon ! Je failli défaillir mais je me rappelais pourquoi j’étais ici. Maitriser les Voix. Pour ne plus causer de mal. Je compris a ce moment la toute l’ampleur de la débauche des Sindorei, comme ils s’appelaient eux-mêmes. Enfants du Sang.
Ce soir, j’ai rendez-vous avec Elasa dans l’enclave des pérégrins, lieu d’entrainement des « chevaliers de Sang » et des forestiers. Je décidai de marcher, plutôt que d’utiliser le système peu fiable des portails. Au bout d’une demi-heure de marche, alors que je suis presque arrivé, j’aperçois une silhouette qui se déplace d’ombre en ombre, croyant à une plaisanterie d’Elasa, je lance
-C’est bon je t’ai reconnu
Mais c’est un elfe masculin, plutôt musclé qui sort de l’ombre, et me saute dessus. J’esquive habilement l’assaut, mais déjà il revient, faisant décrire à sa dague un arc court et méchant. Je n’ai eu la vie sauve que grâce a mes prodigieux reflexes, à la fois elfique et trolls, je me plaquai au sol une demi seconde avant que la lame ne me coupe en deux.
Je ne savait que faire, si je libérait les Voix, je pouvais mettre hors combat mon agresseur en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, mais une fois les Voix libres, je ne savait pas si je pourrait reprendre le contrôle. Ni a quel prix. L’homme, indifférent a mon dilemme, lança sa dague, pointe en avant, vers moi. Je ne pus esquiver totalement le lancé, et me prit la dague dans le bras. Priant pour quelle ne soit pas empoisonné, je commençai à m’enfuir. Il s’apprêtait à me sauter sur le dos lorsqu’il sentit la pointe d’une dague se planter entre ses omoplates. Surpris, je me retournais, et vis Elasa, en tenue noire, en cuir, tenant une dague recouverte de poison dans chaque main.
-Merci, soufflais-je a l’adresse de la jeune elfe
-Tu n’étais pas sensé être un Démoniste ? Un vrai maitre de l’ombre se serait débarrassé de ce vaurien en moins de deux, dit-elle d’un ton accusateur.
-Bon... justement, il faut que l’on en parle, suis moi, dis-je en me dirigeant vers une auberge.
Une fois installé, je racontai à Elasa mon histoire, la mixité de mes parents, la découverte du Vaudou, puis sa douloureuse perte. Lorsque j’eus fini, elle me fixa dans les yeux et dit.
-Je t’avais mal jugé... pardonne moi
-Oublie ça, tu ne pouvais pas connaitre mon passé, lui répondis-je en souriant.
-Bon... tu m’as raconté ton passé... je suppose que c’est mon tour, dis t’elle d’un ton timide
-Je ne te demande rien..., répondis-je d’un ton égal
-Bon installe toi confortablement, cela peut durer longtemps.
Je cherchais une position confortable sur le sofa, puis lui fit un signe pour lui dire que j’étais prêt.
-Je suis né ici... A Lue d’Argent... à l’époque des Haut-Elfes... J’avais une quinzaine d’année lorsque le Fléau a attaqué Lune d’Argent, mes parents, d’humbles marchands, sont morts dans l’attaque, mais moi j’ai été caché par mes parents dans une trappe, sous le sol de notre maison. J’ai attendu en dessous des heures... j’ai entendu les cris d’agonies de mes parents... Puis la reconstruction a commencé... j’ai du voler du pain pour survivre... Mais dans la rue, une petite fille ne vaut que ce qu’elle peut gagner en se prostituant. Fort heureusement, un des maitres assassin de la cité, Klint istewoud, m’a remarqué, et m’a pris sous son aile, il m’a entrainé, prise dans sa maison, c’était un homme bon malgré son travail, mais blasé de l’existence terrestre. Pendant prés de deux ans, il m’entraina, me transformant en machine à tuer au service de la Régence... encore aujourd’hui, je tue... que pourrais je faire d’autre ?
Elle me regarda un instant, cherchant une trace de dédain ou de méprise dans mon regard, puis détourna les yeux.
-Ce n’est pas a moi de juger tes actes... Je suis heureux que tu te sois confiée a moi mais sache que cela ne changera rien a notre amitié, dis-je d’un ton empli de compassion
-Merci... merci Erevan
Le lendemain, je décidais de partir a la recherches de nouvelles source de pouvoir... l’agression de la veille m’avait fait comprendre que je ne pouvais rester ainsi, sans défense, alors que le monde regorgé de dangers mortels. Je me savais fort physiquement, mais pas assez pour devenir un guerrier, je me rappelais alors les paroles du Loa « Ton potentiel magique est grand... »
Après la fin de mes « cours », je me dirigeais vers le Quartier des Mages, à la Fleche de Solfurie. Les Mages. Les maitres des arcanes. Des arcanes pures. J’avais besoin de pureté. Je me présentais au Maitre des Mages, Aurosalia, qui au bout de quelques minutes, m’accepta dans son cours du soir, malgré l’aura démoniaque que je dégageais.
Pendant quelques mois, je vécu ainsi, étudiant la Démonologie avec dédain le jour et avec ferveur les arts subtils des arcanes la nuit, bien qu’étant doué, Aurosalia attendais toujours plus de moi, comme si elle me mettait a l’épreuve. Je tachais aussi d’apprendre un maximum sur mon passé, en particulier sur ma mère, j’appris qu’elle était une puissante Magistrice, mais, malgré tout mes efforts, je ne put apprendre le crime qui la bannie de Quel’thallas.