Articles de Edualk - Une petite balade
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Chapitre 37 : Fossoyeuse encore

 

 

- Tiens, te voilà de retour, petit.

 

Vimayre essora sa chemise et prit quelques secondes avant de répondre. Quand il avait su que Llégion était retourné voir la Maîtresse des Démonistes de Fossoyeuse, il s'était précipité pour la voir, passablement énervé.

Et Lucifer, son démon personnel, l'avait intercepté et plongé par les pieds dans le canal. Apparemment, ce n'était pas la première fois qu'il agissait ainsi.

 

- Il semblerait que mon client soit revenu vous voir, Madame. Une seconde fois.

- Vraiment ? Cela m'aura échappé. Je vois tellement de Démoniste, sans parler des importuns.

 

La Démoniste lui lança un regard éloquent, tandis que Vimayre sentit Lucifer se placer derrière lui.

 

- Si vous pouviez me dire où il est reparti, Madame, je vous en serais très reconnaissant.

- Tu te maîtrises mieux que lui, petit. Il a plutôt mal pris la procédure à suivre pour invoquer sa Succube.

- Et quelle est-elle, Madame ?

- Il a dû aller me chercher deux cœurs. Celui du capitaine du Mur de Grisetête, et l'autre dans la poitrine d'un Humain au viaduc de Thandol. Un voyage des plus… agréable, pourtant.

- Il est allé vous les chercher puis vous les a ramenés, Madame ?

 

La Démoniste sourit avec cruauté sans répondre. Vimayre songea un instant à insister, mais se dit que ce ne serait pas une bonne idée. Surtout pour son avancement.

 

- Je vais donc commencer par Grisetête, Madame.

- Une bonne idée, petit. Et soit poli avec eux. Ils seront peut-être un peu agacés. Bizarrement, les Humains de l'Alliance semblent peu apprécier de se faire arracher le cœur par les Démonistes de la Horde.

 

Vimayre faillit faire une remarque, mais la garda pour lui. De toutes façons, il allait devoir retourner la voir, alors…

 

 

***

 

 

Chapitre 38 : Vers Hurlevent et au-delà !

 

 

La supposition du Paladin était juste. Le patron des quais de Cabestan confirma que Seln avait pris le bateau vers Baie du Butin la veille.

 

Les deux compères partirent donc vers la ville principale de Strangleronce. A l'auberge, un Gobelin se souvenait de la Succube, vu qu'il lui avait mis la main aux fesses.

Tout en grimaçant sous ses bandages, le Gobelin leur apprit que Seln avait trouvé un cavalier pour l'emmener jusqu'à Sombre-Comté, dans le Bois de la Pénombre.

 

La route du Nord était longue. Heureusement Tigrou – la monture du Paladin – était d'humeur à les transporter. Surtout, Abatik lui avait expliqué entre quatre yeux ce qui risquait de lui arriver s'il refusait de les aider.

Il avait même fait les gestes pour être sûr d'être compris.

Tigrou avait parfaitement compris.

 

Ils retrouvèrent assez vite le cavalier, près de l'arène de Strangleronce. Installé sous un arbre, il soignait de profondes coupures manifestement provoquées par un fouet.

Il expliqua à un Edualk goguenard qu'il y avait eu un "quiproquo" avec la Succube et que celle-ci était repartie à pied vers le Nord.

 

Nos deux compères repartirent donc, après que le Paladin ai réussi à reprendre son sérieux…

 

Ils croisèrent un autre Paladin sur la route, un vieil ami d'Edualk. Les deux hommes commencèrent à se raconter leurs exploits récents, et grâce à lui Abatik apprit que Seln était passée par le camp des chasseurs, au nord de la région.

Le Diablotin commença à imaginer la raison de ce détour, et arrivé au camp, ses impressions se confirmèrent.

 

La Succube avait attaqué et ravagé le camp, et mis une dérouillée aux chasseurs qui avaient osé s'en prendre "aux mignons petits animaux de la forêt".

Le Nain qui les commandait avait dû promettre d'abandonner la carrière et de se reconvertir dans la menuiserie. Il n'était pas encore sûr d'avoir vraiment menti pour sauver sa peau, et avait par prudence commandé des outils à Baie du Butin et commencé à abattre quelques arbres…

 

Il leur appris aussi qu'une Démoniste qui passait par là s'était proposée de l'amener jusqu'à Hurlevent. Le Nain avait juste entendu parler d'une histoire de salaire, ou de solde, un truc dans le genre.

Mais en tout cas, la Démoniste avait l'air très excitée – tout comme la Succube…

 

 

Ils retrouvèrent la trace de la Démoniste près du pont séparant Strangleronce du Bois de la Pénombre.

 

La jeune femme, les habits déchirés et l'air très énervée, passait un savon à une Succube – pas Seln, mais celle de la Démoniste – elle aussi très remontée et couverte de coupures de fouet.

Laissant Edualk se rincer l'œil – les habits de la Démoniste était vraiment très déchirés – Abatik interrogea les deux femmes. Il apprit ainsi que Seln et sa consoeur s'étaient vite pris le bec pour une sombre histoire de marque sur les fesses et que la monture de la Démoniste en avait profité pour reprendre sa liberté.

Il apprit aussi que Seln avait continué à pied vers le nord.

 

 

Le Bois de la Pénombre aurait vraisemblablement plu à Llégion. Sombre, glauque, suintant la peur, la région était envahie par les morts-vivants et diverses créatures agressives.

Malheureusement, seule l'Alliance y avait une zone sous contrôle, un village à l'est, sur la route des Terres Foudroyées.

 

Edualk et Abatik y retrouvèrent un Voleur humain qui avait proposé à la Succube de l'accompagner. Vu son état il avait manifestement voulu faire le malin avec sa compagne d'un jour.

Le corps lardé de coups de fouet, et affligé d'une étrange voix de fausset, il soignait ses blessures, issues d'une main baladeuse, à l'auberge de Sombre-Comté. En gémissant, il leur appris que Seln avait continué vers le nord, vers la Forêt d'Elwyn et donc vers Hurlevent.

 

Abatik commençait à se dire que la Succube n'était finalement peut-être pas si "gentille" que ça, et prit mentalement note de prévenir son Maître de ne pas lui manquer de respect…

 

Edualk, quant à lui, semblait s'amuser de leur équipée. De temps en temps, il s'éloignait pour aller tuer quelques créatures en vadrouille, et revenait avec un grand sourire en essuyant sa lame.

Abatik avait rencontré beaucoup de Paladins dans sa carrière. Très – trop – souvent d'une manière brutale et meurtrière. Meurtrière pour lui-même. Celui-ci était apaisant et ne se prenait pas au sérieux, ce qui le changeait de son ordinaire, et aussi de Llégion.

 

Les deux compères, maintenant devenus copains comme cochons, continuèrent leur route jusqu'à la Comté de l'Or, petit bourg où traînaient toujours quelques aventuriers débutants, ainsi que des vétérans venus uniquement pour mettre des claques aux premiers et pour jouer les fiers-à-bras auprès des demoiselles impressionnables.

 

Mais cette fois-ci, l'endroit était désert. Ils remarquèrent quand même un Voleur planqué dans un buisson près de la route, qui leur fit de grands signes paniqués quand ils s'arrêtèrent à côté de lui.

Pendant qu'Edualk faisait semblant de rajuster ses bottes, le Voleur leur apprit qu'il se cachait là depuis l'ouverture des soldes. En effet, les aventurières qui avaient investi Hurlevent faisaient des raids réguliers dans la Forêt d'Elwyn pour rafler tous les mâles ayant le malheur de se trouver là, pour les aider à porter leurs paquets, donner leur avis sur de nouveaux habits et autres activités abominables.

Le Voleur avait échappé aux rafles, et avait surtout vu passer Seln qui courrait vers la cité des Hommes.

 

Traversant le bourg déserté et aux maisons calfeutrées, Edualk et Abatik se dirigèrent, avec quand même une certaine appréhension pour Edualk, vers Hurlevent, capitale des Hommes, cité de l'Alliance et foyer de la Grande Quinzaine des Affaires…

 

 

Confortablement installé sur le cadavre d'un Orc, loin de là, à Ragefeu, Moustaches regardait Llégion en train de passer un savon à Mezz, pour la 17e fois de la journée. De toutes façons, tout se déroulait correctement.

Puis le rat se mit sur le dos et commença une sieste.

 

 

***

 

 

Chapitre 39 : Le Mur de Grisetête

 

 

- Eh Robert, les latrines ont été vidées ?

- Non, chef !

- Extra ! On va peut-être les remplir encore une fois…

 

Le capitaine de l'Alliance commandant la garnison de Grisetête se retourna en souriant vers Vimayre. Il était entouré d'une dizaine de soldats peu aimables, et seule la vue des papiers du Tauren l'empêchait manifestement de le mettre en pièce.

 

- Je recherche un Démoniste de la Horde, un Mort-Vivant. Il a dû venir ici pour arracher le cœur d'un de vos prédécesseurs.

- Foutus Démonistes. A chaque fois ils nous font le coup. Heureusement qu'on en chope certains, ça permet de se détendre en les balançant dans les latrines. Hein, Robert ?

- Oui, chef ! Même qu'on en a eu 87 ce mois-ci, chef !

- Je vois… Et pour mon client ? Il s'appelle Llégion.

- Eh, Robert ! Llégion, tu connais ?

- Oui, chef ! Un con pareil, j'avais jamais vu, chef ! Grand et chauve, chef ! On l'a démolis et balancé dans les latrines, chef ! Mais il a eu le chef, chef !

- Et il est parti vers où ?

- Le Mur de Thoradin, chef ! Il a dû aller se faire démolir en Arathi, chef !

 

Le capitaine hocha la tête vers Vimayre.

 

- Et il a fait quoi, à part exister, ce salopard ?

- Faut le démolir et le balancer dans les latrines, chef !

- Des arriérés d'impôts. Beaucoup.

- Je sais que vous êtes un salopard de Hordeux, Tauren…

- Et on les aime pas, chef !

- Mais démolissez-moi ce salopard, OK ?

- Faut le balancer dans les latrines, chef !

 

Vimayre se força à sourire.

 

- Comptez sur moi, capitaine. Mais d'abord, j'ai des liquidités à récupérer.

- Faut le faire avant de le balancer dans les latrines, chef ! Sinon, vous reconnaîtrez pas les bonnes liquidités, chef !

- Robert, ta gueule.

- Oui, chef !

 

Vimayre fit demi-tour et se dirigea vers l'est. Arathi… Gros morceau…

 

 

***

 

 

Chapitre 40 : La Cité des hommes perdus

 

 

Etonnamment, Abatik n'avait jamais eu l'occasion de se rendre à Hurlevent. Mais il en avait beaucoup entendu parler, et avait hâte de voir cette cité si fameuse dans tout Azeroth.

 

Ce qu'il vit, une fois les portes passées, le surpris malgré sa préparation, et fit hésiter Edualk.

L'entrée de la fière cité était déserte. Aucun garde, aucune présence humaine si ce n'est un cul-de-jatte qui les apostropha en les voyant.

 

- Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance, pauvres mortels. Fuyez, ou cette ville sera votre tombeau !

 

Edualk s'arrêta.

 

- Comment ça se fait que tu sois encore ici, toi ? Tu es un homme, non ?

- C'est-à-dire plus, comme qui dirait, techniquement, messire Paladin. Y'a pas qu'mes jambes que j'ai perdu, comme qui dirait, comme membre, si vous voyez ce que j'veux dire…

- Oh. C'est moche.

- Mais j'me plains pas, messire. Vu que j'suis le seul, comme qui dirait, "non-femme" de la ville à chaque Quinzaine des Affaires, et que si j'ai plus de, comme qui dirait, virilité, j'ai encore des yeux et vu que comme y'a plus d'hommes, les bonnes femmes font moins, comme qui dirait, gaffe, ben… je profite de la vue, comme qui dirait.

- "Font moins gaffe" ? C'est-à-dire ?

- Y'a des endroits, messire, où elles se baladent, comme qui dirait, quasiment à poil. Rapport qu'il faut, comme qui dirait, essayer des trucs et qu'avec des vêtements sur le dos, c'est, comme qui dirait, pas pratique.

- ... Argh…

- Respirez, m'sieur, vous devenez bleu.

- … Effectivement, Aba, faut que je vois ça… Pour l'intérêt scientifique, hein…

- Bien sûr, m'sieur…

- Ca c'est, comme qui dirait, une bien mauvaise idée, messire. Les bonnes femmes sont, comme qui dirait, complètement folles lors de la Quinzaine.

- Je pense à quelque chose, intervint Abatik qui voyait un grand sourire apparaître sur le visage du Paladin. Et les vendeurs ? Ce ne sont pas des hommes ?

- Ben non, p'tite crotte. Ce sont, comme qui dirait, des vendeurs. Des "ça", pas des, comme qui dirait, "ils".

 

Abatik choisit de ne pas relever le "p'tite crotte". Et arrivé à ce stade, et voyant Edualk regarder d'un air rêveur en direction de la ville, Abatik décida d'abandonner la conversation avec le semi-homme.

 

Par contre, bien que l'entrée soit déserte, il y avait fort à parier que les rues de la cité seraient remplies de femmes. Et donc qu'Edualk risquait d'avoir des ennuis…

 

- Bon, il nous faut un plan pour entrer, m'sieur. Et il se trouve que j'ai ma petite idée…

- Pas question, Aba.

- Vous ne savez même pas quel est mon plan, m'sieur.

- Tu veux que je me déguise en femme. C'est hors de question, et en plus je suis barbu. Ca marchera jamais.

- Avec un masque, m'sieur, et une robe…

- Oublie ça, j'ai dit.

- … vous pourrez vous promener tranquillement dans les rues et fouiller les cabines d'essayage des boutiques où Seln se trouve sûrement…

- …

- Respirez, m'sieur, vous devenez bleu.

- … Tu m'as convaincu, Aba. Le temps de trouver une robe et on y va…

 

 

Dix minutes plus tard.

 

Abatik regarda d'un œil inquisiteur le Paladin devant lui. Il avait troqué sa "tenue de route" (un assortiment d'habits en tissu glanés dans divers donjons) pour une discrète mais élégante robe de soie.

Pour cacher sa barbe, il avait bricolé un masque constellé de paillettes avec une capuche d'un vert pomme du plus bel effet.

Une rose rouge piquée sur le devant de la robe donnait la petite touche féminine au tableau.

Avec un peu de fard à paupières, il donnait l'impression d'être une de ces discrètes et mystérieuses femmes voilées des îles du sud, dont le seul regard peut parait-il damner un homme.

 

Le plus étonnant, c'est que le Paladin avait dans ses sacs tous ces éléments. Tigrou avait d'ailleurs secoué la tête d'un air las en le voyant les sortir.

 

- Un truc à savoir, Aba. Un aventurier digne de ce nom doit être prêt à toute éventualité.

- Raow grow…

- Même pas vrai ! Tout ça parce que je suis un galant homme…

- Rrrr.

- Offrir des petits cadeaux aux jeunes débutantes n'est pas interdit, que je sache.

- Pfrrr...

- Jaloux.

- Euh… On va peut-être y aller, m'sieur ? Mon Maître va finir par se poser des questions, et j'entends des pas de gardes…

 

C'est donc un Edualk grimé en femme, accompagné d'un Abatik pas franchement rassuré, qui entra dans la fière cité de Hurlevent, temporairement capitale de la Grande Quinzaine Commerciale.

 

 

Loin de là, à l'entrée de Ragefeu, Moustaches regardait Llégion faire le tri du butin récupéré dans le gouffre. Il fallait maintenant savoir si la suite allait se dérouler selon son plan.

Puis le rat pissa sur un garde qui passait par là.

 

 

***

 

 

Chapitre 41 : Le Viaduc de Thandol

 

 

- Hem… Heu… C'est vous, pour la… hem… enfin… la Succube ?

 

Vimayre dut dresser l'oreille pour entendre le dernier mot, que l'Humain avait à peine murmuré.

Petit, l'air d'une fouine, et vêtu d'un imperméable informe, il se tenait caché derrière un des blocs de pierre jonchant les alentours du viaduc de Thandol.

Et avait l'air extrêmement gêné.

 

- Vous attendez un Démoniste ? Pour une Succube ?

- Chhh…. Pas si fort ! C'est-à-dire… Vous n'êtes pas Démoniste ?

- Bien vu. J'appartiens à la Confrérie des Collecteurs.

 

L'Humain enfouit son visage dans ses mains en gémissant.

 

- C'est pas vrai… Pour une fois que je fais un truc de ce genre, je me fais prendre. Vous n'allez rien dire à ma femme ? Hein ?

 

Vimayre eut la tentation de profiter de la situation, mais l'air malheureux du bonhomme lui fit pitié.

 

- Je cherche un Démoniste, un certain Llégion. Apparemment, il a dû "rencontrer" quelqu'un ici il y a quelques temps. Quelqu'un dans votre genre.

- C'est-à-dire, je ne connais pas grand monde, c'est la première fois…

- Je peux vérifier, vous savez.

- Euh… En fait, un de mes amis, je veux dire, je le connaissais pas vraiment, on s'est rencontré une fois, dans la boutique, je veux dire… Enfin…

- Oui ?

- Il m'a dit qu'il devait rencontrer un Démoniste, un grand type sympathique, un peu dégarni et discret. Je crois que c'était votre Llégion. D'ailleurs, c'est bizarre, depuis, je ne le vois plus à la boutique… je veux dire, si j'y allais régulièrement, je ne le verrais plus… Enfin…

- Et vous ne savez pas si ce Démoniste avait autre chose de prévu ?

- Il avait un rendez-vous à Fossoyeuse ensuite. C'est pour ça qu'il ne pouvait pas rester.

- Merci du renseignement. Au fait, si j'étais vous, j'oublierai cette histoire de Succube. Ca risque de vous arracher le cœur…

 

Souriant de son bon mot et de l'air interdit de l'Humain, Vimayre repartit donc vers Fossoyeuse… comme il s'en doutait depuis le début.

Foutus Morts-Vivants…

 

 

***

 

 

Chapitre 42 : Les voyages forment la jeunesse

 

 

Llégion était affalé contre un des murs de la banque d'Orgrimmar. Il avait fini par nettoyer Ragefeu et par tuer les invocateurs Orcs qui avaient choisi de trahir leur race.

 

Cela n'avait pas été sans mal. Llégion était mort vingt-trois fois, et Mezz trente-quatre. Mais le butin récupéré compensait l'effort et les dix-neuf heures passées dans le gouffre.

Malgré tout, le Démoniste avait le bras engourdi à force de manier sa baguette, et Mezz était devenu à moitié sourd à force de se faire invoquer par son Maître.

 

Restait un détail : récupérer Seln et Abatik, dont il était sans nouvelles.

 

- Mezz, t'aurais pas une idée de où pourrait être Abatik ? Ca fait un moment qu'il devrait être revenu.

- (voix caverneuse) Abatik m'a envoyé un message par voie démoniaque, Maître. Il a retrouvé la piste de Selneri, mais il lui faudra un peu de temps pour nous rejoindre.

- Par la malepeste ! Je lui avais dit de ne pas traîner ! Bon, autant en profiter pour faire un tour au sud des Tarides. J'ai toujours ce foutu message urgent à livrer, le Tauren va finir par se vexer.

- (voix caverneuse) D'autant que vous deviez le livrer il y a un mois, Maître...

- Rien à foutre. De toutes façons, ce n'est qu'un Tauren.

- (voix caverneuse) Et que ferons-nous ensuite, Maître ? Puis-je vous rappeler que vous aviez promis à Selneri de l'emmener à Lune d'Argent ?

- D'abord Fossoyeuse, Mezz. Je devrais avoir le niveau pour retourner voir l'autre conne au Temple. Je suis curieux de voir le nouveau démon que je vais pouvoir invoquer... Bon, on y va.

- (voix caverneuse) Puis-je vous suggérer de faire attention au bas de votre robe, Maître, vous allez march... trop tard.

- RHHHAAA !!! Par la malepeste ! Ras-le-bol !

- (voix caverneuse) Puis-je vous suggérer de reprendre votre respiration, Maître ? Vous commencez à prendre une teinte bleutée.

 

 

Llégion et Mezz prirent donc un vol pour la Croisée, où ils purent profiter d'une pause des manifestations pour se rendre par la route vers le sud.

Au passage, Llégion fit un carnage de Nains dans une carrière pour un Tauren qui, apparemment, passait sa vie à se promener sur la Route de l'Or.

 

- Foutu pays. Heureusement qu'on est tombé sur ces rase-bitumes. Ca m'a détendu d'en tuer, et en plus ce Tauren m'a payé pour ça !

- (voix caverneuse) ...

- Range ton bouquin, Mezz. On a de la route à faire.

- (voix caverneuse) Je suis sûr d'avoir vu un article contre ce genre de choses, Maître.

- Par la malepeste, arrête de bouder ! J'ai réussi à vider ce coffre sans que ces Nains ne puissent s'y opposer, c'est tout ce qui compte.

- (voix caverneuse) Vous m'avez envoyé me faire tuer pour pouvoir accéder à ce coffre, Maître. Encore une fois. Je suis sûr que le Code d'Invocation interdit ce genre de choses.

- Mezz, tu m'emmerdes. N'oublie pas que j'aurai bientôt un nouveau démon, plus puissant que toi. Donc, tiens-toi à carreau, tu veux ?

- (voix caverneuse) … Oui, Maître…

 

 

Le garde Tauren à qui Llégion devait livrer le message à l'entrée des Mille Pointes venait juste de se faire tuer par des Allianceux de passage.

Le Démoniste en profita pour laisser le pli sur son cadavre et pour filer en douce. Il avait en effet ouvert l'enveloppe lors d'un moment d'ennui, et n'avait pas envie d'être là quand le Tauren apprendrait qu'il pouvait enfin prendre ses premières vacances depuis dix ans.

Mais que la date était dépassée depuis trois semaines à cause du retard pris par le Démoniste…

 

Llégion retourna ensuite sur Orgrimmar. L'inconvénient de devoir se rendre à Fossoyeuse pour apprendre de nouvelles invocations, c'est qu'il fallait se rendre à Fossoyeuse, ce qui prend un certain temps quand on vient du fin fonds des régions perdues de Kalimdor.

 

 

 

 

Un heure plus tard, au Temple de Fossoyeuse.

 

- Bonjour, Madame. Est-ce que votre démon pourrait me reposer, Madame ? Pardon, Madame.

- Hmmm… ? Ah, oui, je ne t'avais pas vu, petit. Alors, tu viens pour un nouveau démon ? Tu progresses vite, petit… On dirait moi à ton âge…

- Oui, Madame. Merci, Madame. Je ne suis qu'une larve, Madame. Et pour votre démon, Madame… ?

- Lucifer, repose cet imbécile. Au fait, petit, j'ai oublié de te dire, tu n'es pas obligé de venir à chaque fois jusqu'ici. Mon confrère d'Orgrimmar peut t'apprendre lui aussi les secrets de notre art.

- Oh. A Orgrimmar. Oh.

- Surtout que cette fois-ci, ce n'est pas moi qui vais t'enseigner. Je déteste ces sales bêtes de Chasseurs Corrompus, ça pisse partout, ça bave et ça passe son temps à dormir et à manger.

- Ah. Et où dois-je me rendre, Madame ? Pardon, Madame.

- A Cabestan. Tu demanderas à voir l'ivrogne, c'est elle qui sait comment invoquer ces sales bêtes… C'est normal que tu deviennes bleu, petit ?

- (voix caverneuse) Puis-je vous suggérer de reprendre votre respiration, Maître ? Vous commencez à prendre une teinte bleutée.

- Rhhhaaa. Par la malepeste. Pardon, Madame. C'est seulement que j'en viens, Madame.

- Et tu as réussi à garder ton calme ? Tu m'impressionnes, petit. A croire que tu progresses vraiment…

- Merci, Madame. Je vais y aller alors, Madame. Pardon, Madame.

 

Llégion et Mezz s'éloignèrent donc vers le centre de Fossoyeuse.

 

- Elle ne nous entend plus, Mezz ?

- (voix caverneuse) Je ne pense pas, Maître. Puis-je abonder dans ce que vous a dit cette noble Dame ? Votre sang-froid…

- RHHHAAA !!! PAR LA MALEPESTE !!! PUTAIN DE SALOPERIE DE BORDEL DE CHIERIE DE CONNASSE DE MERDE !!! RRRHHHAAA !!!

- (voix caverneuse) Maître ? Maître ! Oh non, il a craqué ! Abatik ? Tu m'entends ? Notre Maître fait une crise !

- Gzzz… Rzzz… Allo ? Allo ? Oui, je t'entends, Mezz. Mais on avait dit qu'on utilisait pas la communication à longue distance…

- (voix caverneuse) Il fait une crise, Abatik ! Il est devenu violet !

- Gzzz… Rzzz… Allo ? Violet ? C'est que c'est grave, alors. Ne bouge pas, Seln et moi on arrive.

 

 

Moustaches secoua la tête d'un air accablé. Le Démoniste était des plus utile, mais parfois, il regrettait l'"autre".

Puis le rat pissa sur le Démoniste en convulsions.

 

 

***

 

 

Chapitre 43 : La Succube

 

 

- Te revoilà donc, petit. Si je m'attendais…

 

Vimayre était trop las pour relever. Et il devait songer à son avenir.

 

- En effet, Madame. Llégion serait-il, par hasard, revenu vous voir après être allé chercher les cœurs pour la Succube ?

- Toujours aussi hypocrite, petit. Et en plus tu gardes ton calme. Je pense qu'un avenir prometteur t'attend dans la Confrérie… même si tu détestes les Morts-Vivants.

- Et donc, Llégion, Madame ?

- Toujours ton grand chauve peu futé ? Je lui ai effectivement appris à invoquer une Succube, grâce à son goupillon ouvragé démonique d'élégance.

- Un goupillon ouvrag… Je vois. Très élégant. Madame.

- Je pense qu'il n'a pas encore compris, petit. De toutes façons, il est tombé sur Selneri. Ca ne risque donc pas de lui servir beaucoup…

- Selneri, Madame ?

- Une "Succube". Plus décorative qu'utile, "ils" s'en sont débarrassé en l'envoyant à ton client. A mon avis, plus apparentée aux Elfes de Sang qu'aux démons.

- C'est-à-dire, Madame ?

- Une dinde, petit. Capricieuse, boudeuse… Elle n'est même pas diplômée.

- J'ignorais qu'il y avait des diplômes pour ce genre de… choses, Madame.

- Les démons adorent la paperasse, petit. Même plus que nous.

 

Vimayre ne fut pas surpris. Après tout, il avait beaucoup étudié pour en arriver là où il était, et avait appris que la Confrérie avait été créée à l'origine sous le patronage d'un démon du nom de Physkal, un des rares à être passionné par la comptabilité.

C'est lui qui, d'après la tradition de la Confrérie, avait établi les règlements et formulaires toujours en vigueur maintenant.

 

- Et sauriez-vous, par hasard, où il est parti ensuite, Madame ?

- Essaie au moins de faire un effort pour cacher ton mépris, petit. Cela ne me gêne pas, au contraire, mais d'autres pourraient mal le prendre. Et il est parti en Kalimdor, vers les Tarides.

- Merci de vos informations, Madame.

- N'oublie pas ce que je t'ai dit sur la Succube, petit. Va voir du côté des boutiques locales.

 

Vimayre grimaça. Des boutiques, dans les Tarides ? Ca allait être simple…

 

S'il avait pris l'ascenseur situé près de l'auberge, Vimayre aurait sûrement – peut-être – remarqué un petit attroupement autour d'un corps allongé.

Il aurait peut-être aussi fait le rapprochement entre le Mort-Vivant allongé et sa cible.

Et, avec de la chance, il aurait pu mettre la main sur Llégion. Et s'épargner bien des tracas.

Mais Vimayre prit l'ascenseur opposé. Et ne vit donc pas Llégion.

 

Comme quoi, ça tient parfois à presque rien. Ou alors, c'est simplement l'application de la loi de l'emmerdement maximum…

 

 

***

Publié le 05/02/2010 - Pas de modifications
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