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Chapitre 118 : Retour à Fossoyeuse

 

 

- Alors, petit, toujours en chasse ?

 

Vimayre s'inclina devant la Maîtresse des Démonistes de Fossoyeuse

 

- Oui, madame. Mais j'ai perdu la piste à Orgrimmar.

- Je ne l'ai plus vu depuis la dernière fois, petit.

- ...

- Tu es bien silencieux, petit.

- C'est-à-dire... C'est la première fois que vous me donnez une information sans jouer avec mes nerfs. Ca surprend.

 

La Démoniste éclata d'un rire sadique.

 

- Je crois que je commence à avoir pitié de toi, petit. Surtout quand on connaît ton client.

- Je le connais de plus en plus, madame, et je commence à comprendre à qui j'ai vraiment affaire. D'où ma prudence.

- Ta prudence ?

 

La Démoniste semblait sincérement étonnée.

 

- Pour ce minable ?

- C'est... plus compliqué, madame.

- Et bien... Ce Llégion est décidemment bien surprenant.

- Je suis d'accord, madame. De plus, d'après un garde d'Orgrimmar, il serait maintenant au courant de mon existence.

- Je l'ai dit au Diablotin.

- ... Merci, madame.

- Un peu plus de fiel dans la voix, petit. Mais ne le prends pas personnellement. Il faut bien lui laisser une chance, même infime.

- Le problème, madame, c'est que son Diablotin aurait trouvé une solution. En est-il capable ? Vous qui connaissez si bien les arcanes de la Confrérie...

 

La Démoniste réfléchit un moment.

 

- Il existe plusieurs possibilités. Mais aucune pour un minable comme lui. Il faudrait connaître parfaitement les lois et réglements pour de telles opérations...

- Vous semblez avoir des doutes, madame ?

- Tu dis qu'il serait plus dangereux que ce qu'il montre ?

- C'est... compliqué, apparemment. Et pas certain. Mais possible.

- Son Marcheur du Vide, c'est Mezznagma. Un vrai fléau, spécialiste en droit...

 

Vimayre laissa la Démoniste réfléchir en silence.

Puis elle soupira.

 

- Il peut tenter quelque chose. Tout dépend de son Marcheur.

- Vous pouvez m'en dire plus, madame ?

- Hors de question. Je dois en référer au Conseil. Cette histoire ne me plaît pas. Maintenant, laisse-moi.

 

Vimayre allait répondre quand il vit le démon personnel de la Démoniste, Lucifer, se rapprocher - et décida donc d'aller voir ailleurs.

 

Mais il n'avait toujours pas de piste...

 

 

***

 

 

Chapitre 119 : J'aime les chats

 

 

Llégion relit une nouvelle fois l'affiche qu'il tenait à la main.

 

 

 

Vous ne croyez plus en rien ?

Vous cherchez un nouveau Dieu ?

Vous êtes ambitieux et déterminé ?

 

Alors n'hésitez plus !

 

Llégion le Magnifique,

Génie du Mal,

plus grand cerveau criminel d'Azeroth

futur Maître du monde

futur Dieu malfaisant

 

RECRUTE

 

un Grand Prêtre Maléfique

 

pour fonder sa religion, convertir des fidèles et égorger ses ennemis

 

Recrutement à Orgrimmar, près de la banque

Références et expérience exigées

 

N'HESITEZ PLUS !

LLEGION WANTS YOU !

 

 

 

Llégion avait décidé de ne pas passer par une agence de placement pour recruter son Grand Prêtre. Après tout, un séide n'a pas besoin de recommandations particulières, alors que quand il s'agit de fonder une religion, il vaut mieux être sûr de son coup.

 

Il avait donc passé la journée à coller ses affiches un peu partout à Orgrimmar, Pitons du Tonnerre et Fossoyeuse avant d'installer un stand à côté de la banque de la cité des Orcs.

Enfin, pour être tout à fait précis, Yygor avait fait le tour des villes pour s'occuper de la corvée. Deux fois, puisque la première fois il était arrivé on ne sait comment à Reflet de Lune où il avait perdu ses affiches dans le lac. Abatik avait dû l'accompagner la deuxième fois, pour être sûr.

Puis il avait ensuite fait le stand pour son patron. Quatre fois, vu qu'il avait du mal à comprendre ce que voulait Llégion, qui avait fini par le monter lui-même en râlant.

 

Enfin, après de nombreux efforts et une bonne nuit de sommeil, il avait pu s'installer au petit matin dans un confortable fauteuil pour attendre les innombrables postulants. Il était néanmoins légèrement inquiet au sujet des tests : en avait-il fait imprimer suffisamment ? Ne devrait-il pas en sortir une nouvelle série de mille ? Buck était prêt à galoper jusqu'à l'imprimerie si nécessaire.

 

 

 

 

Le soir venu, son enthousiasme était légèrement redescendu. Il n'avait reçu que deux candidats, en fait un Orc cherchant l'entrée de Ragefeu et un clodo puant l'alcool qui lui avait tenu la jambe pendant une heure.

 

Abatik en avait profité pour attaquer le dernier roman de Stéphane Roi – un écrivain démon très populaire en-bas.

Mezz savourait sa journée de récupération - l'administration se révélait plus coriace que prévue, mais il avait pris rendez-vous pour le lendemain auprès d'un chef de service-adjoint dont il espérait beaucoup.

Seln avait retrouvé des copines des Enfers, venues faire une virée et s'encanailler chez les mortels. Thrall avait essayé de prévenir les parents des Succubes pour qu'ils viennent les récupérer, mais ils étaient tous partis en vacances au Temple Noir. Autant dire que la ville était à deux doigts de sombrer dans le chaos.

Zaza avait commencé et fini l'extermination systématique de tous les compagnons des aventuriers présents, et commençaient une nouvelle dépression étant donné l'absence de lampadaires pour compenser.

Buck, quant à lui, et comme à son habitude, restait planqué hors de la ville, de crainte d'être reconnu. Surtout des Succubes en qui il avait reconnu - avec un frisson de crainte - le noyau dur de son fan-club.

 

Le nouveau venu, Yygor, était resté debout derrière son patron pendant toute la journée, ne s'agitant que pour se livrer à ses activités favorites, à savoir se gratter, se curer les ongles, nez et oreilles, et sourire bêtement.

 

En un mot comme en cent, Llégion avait passé une journée habituelle. Complètement pourrie donc. Et il commençait à en avoir marre.

 

C'est alors qu'il passait ses nerfs sur un Yygor toujours aussi stoïque que l'impensable se produisit : un candidat.

 

Ou plutôt "une".

 

Llégion resta un moment silencieux devant l'apparition qui le regardait fixement après s'être assise devant lui, hésitant à se décider. Puis il prit une respiration profonde et se décida à attaquer.

Après tout, ce n'était pas comme si il avait le choix.

 

- Je n'ai mis aucune affiche à Lune d'Argent.

- Je sais. Je les ai vu à Fossoyeuse.

- Ce n'était pas un oubli.

- C'est votre droit.

- Je veux dire que je l'ai fait exprès, de ne pas mettre d'affiches à Lune d'Argent.

- J'ai des références.

- Vous êtes une Elfe de Sang.

- Bien vu.

- Je le sais à cause de l'échancrure de votre bustier. Une sale manie, si vous voulez mon avis.

- Si ça ne vous plait pas, pourquoi vous n'arrêtez pas de regarder ?

- Parce qu'il n'y a rien à regarder. On dirait une plache à repasser.

- Je ne suis pas là pour ça, mais pour un emploi.

- Vous êtes une Elfe de Sang.

- Vous l'avez déjà dit.

- C'est un emploi sérieux.

- Je suis sérieuse.

- Je veux dire, pas un emploi où on fait des blagues.

- Je n'ai aucun humour.

- Ah bon ?

- Oui.

- Pourquoi ?

- C'est pas mon truc.

- Vous êtes une gothique ?

- Non.

- Vous êtes malade ?

- Le toubib a dit que non.

- Vous avez vu un médecin ?

- Mes parents étaient inquiets.

- A cause de l'absence d'humour ?

- A cause des chats.

- Pardon ?

- J'aime les chats.

- Comme tous les Elfes.

- J'aime quand ils gigotent.

- Je croyais les chats plutôt endormis.

- Pas les miens.

- Pourquoi ?

- Je ne sais pas.

- Vous leur faisiez un truc ?

- Rien d'inhabituel.

- Comme quoi ?

- Le genre de trucs qu'on fait avec des chats.

- En particulier ?

- Manger leurs yeux, par exemple.

- Ils étaient morts ?

- Qui ça ?

- Les chats.

- Non. Pourquoi ?

- On ne fait pas ça avec des chats.

- Ah bon ?

- Non.

- C'est ce qu'avait dit le toubib avant.

- Avant quoi ?

- Avant de se taire.

- Pourquoi il a arrêté de parler.

- Je ne sais pas. Sa langue avait l'air normale.

- Comment vous le savez ?

- J'ai eu le temps de la voir avant de l'avaler.

- Oh.

- Elle avait le même goût que toutes les langues.

- Oh.

- Mais je préfère les yeux.

- Oh.

- Ca croque, c'est sympa.

- Oh.

- Et pour l'emploi ? J'ai des références.

- Ah.

- Vous avez perdu votre langue ?

 

 

Moustaches observa Llégion, encore plus blême que d'habitude, reculer précautionneusement sa chaise. Ca, c'était inattendu… Et très dangereux. Il allait devoir faire attention.

Puis le rat se cacha derrière les bottes du Démoniste.

 

 

***

 

 

Chapitre 120 : Qui tu appelles Poulett, connard !

 

 

Llégion resta un moment silencieux. Un coup d'œil autour de lui lui permit de vérifier l'absence de ses démons. En fait, seul Moustaches était encore là.

Etrangement, cela n'était pas pour le rassurer…

 

- Ca va ?

- Un truc qui passe mal.

- Vous voulez que je regarde ?

- NON !

 

Llégion s'était levé brusquement. Mais voyant l'absence de réaction de l'Elfe, il se rassit doucement – tout en veillant à se ménager un espace pour fuir.

 

- Vous avez parlé de références…

- Oui.

- Et ?

- Et quoi ?

 

Llégion se demanda un bref instant si l'Elfe n'était pas en train de se moquer de lui.

Un rat passa alors juste à côté de la table, s'arrêta net à la vue de Moustaches et commença alors à reculer, le museau tremblant.

Il y eut alors un grand "splatch" quand la massue de l'Elfe écrasa le rat. Puis elle se pencha, sans quitter son air blasé, ramassa les restes et, sans prêter attention à ce qui se passait autour d'elle, se mit à croquer dans le petit corps encore frémissant.

Le rat remuait encore un peu, et poussa même un petit couinement quand elle mordit dans son ventre. Les os craquèrent, tandis que du sang dégoulinait sur son menton.

Quelques aventuriers qui passaient à côté s'étaient arrêtés, et certains parmi eux vomirent.

 

L'Elfe termina son "repas", s'essuya négligemment ses mains pleines de sang sur son pantalon et regarda à nouveau Llégion. Qui ne pouvait détacher son regard du sang souillant son menton, accompagné de quelques poils.

 

- Euh…

- Oui ?

- Vous faites ça souvent ?

- Ca quoi ?

- Ca.

- Je ne comprends pas.

- Vous venez d'écrabouiller un rat et de le bouffer.

- Et alors ?

- C'est… glauque.

- J'avais faim.

- Ca ne se fait pas.

- Ah bon ?

- Oui.

- Pourquoi ?

- C'est horrible.

- Et ?

- J'ai vu des types vomir.

- Et ?

- On pourrait croire que vous êtes tarée.

- Et ?

 

Llégion allait répondre "Vous êtes une foutue saloperie de psychopathe" mais il se retint prudemment.

 

- Pour vous, c'est un truc normal ?

- Oui.

- Donnez-moi vos références.

 

L'Elfe sortit une enveloppe de sous son bustier qu'elle tendit à Llégion. Celui-ci la prit délicatement, faisant bien attention à ne pas toucher les taches de sang. Il remarqua au passage que ce n'était pas les premières.

Il sortit une mince liasse de feuillets de l'enveloppe, et les lut pendant quelques minutes.

 

- Vous vous appelez donc… Poulett.

- QUI TU APPELLES POULETTE, CONNARD !!!

 

La dénommée Poulett avait plus rugi que hurlé, et s'était levée si brusquement que sa chaise avait volé à quelques mètres. Elle braquait aussi sa masse en direction de Llégion, un air de démence dans les yeux et le visage déformé par la rage.

Llégion n'avait pas bougé un muscle, et après avoir laisser passer quelques secondes, reprit la parole.

Sa voix ne tremblait même pas.

 

- Et vous êtes donc Prêtresse.

- Oui.

 

L'Elfe reprit son calme et son air blasé instantanément, redressa sa chaise et se rassit.

 

- Vous avez servi plusieurs Génies du Mal, à ce que je vois.

- Oui.

- Satanicus le Dément… Il n'a pas été massacré par des Nains ? Il était comment ?

- Fade. J'ai dû le saler.

- Ah. Puis Messalina la… la "Chaudasse" ? Ces noms… Tuée par un Mage. Et elle était… ?

- Tiède. Et je n'avais pas de feu.

- Oh. Je vois aussi le nom de Io le Clairvoyant. Il a eu les yeux crevés, non ?

- J'ai pu les manger avant.

- Ah. Vous avez toujours mangé vos employeurs ?

- Oui.

- Avant ou après leur mort ?

- Après.

- Pourquoi ?

- Le contrat m'interdisait de le faire avant.

- Hum… Bon à savoir. Et vous voulez que je vous embauche, c'est ça ?

- Oui.

- C'est un poste de Grande Prêtresse de futur Maître du monde.

- D'accord.

- Quelle sera la première chose que vous ferez en arrivant ?

- Un dîner.

- … Euh… On va dire que… Bref ! Vous vous y connaissez en sacrifices humains ?

- J'en ai entendu parler. Ca a l'air drôle.

- J'imagine… Vos trois qualités principales ?

- J'obéis sans poser de questions. Je suis toujours disponible. Je mange de tout.

- Euh… Et vos trois principaux défauts ?

- J'obéis sans poser de questions. Je suis toujours disponible. Je mange de tout.

- Je vois… Des questions ?

- Devrais-je me vautrer dans le stupre et la luxure avec vous, et enfanter votre progéniture malfaisante ?

- Pourquoi cette question ?

- Ca se fait.

- J'ignorais… On va dire pas toujours. Pas forcément. Pas du tout, même. En fait, je ne préfère pas.

- Bien. Salaire ?

- Oui.

- Des primes ? Avantages sociaux ?

- Vous verrez avec Mezz. Mais le connaissant, on va dire oui.

- D'accord.

- Toujours partante ?

- Oui.

- Alors laissez vos coordonnées, on vous écrira si vous êtes retenue.

- D'accord.

 

Poulett resta silencieuse devant Llégion, puis voyant que la conversation était finie, se leva et repartit vers l'hôtel des ventes.

 

- Alors, Maître, vous avez trouvé votre bonheur ?

- Abatik. Tu étais où ?

- Euh… En fait, j'ai retiré de l'argent à la banque, Maître.

- Bien sûr…

- Alors, Maître ?

- Une Elfe de Sang. Elle s'appelle Poulett.

- Vous allez la prendre, Maître ? Une Elfe ?

- Abatik ?

- Oui, Maître ?

- Tu ne dis JAMAIS son nom. Et tu évites de laisser traîner des trucs vivants à portée d'elle. Voire de traîner tout court.

- Elle si grave que ça, Maître ?

- Tu n'as pas idée. Alors on va la laisser se débrouiller, lui faire de grands sourires, et surtout…

- Maître ?

- On oublie cette tarée. Définitivement.

 

 

Moustaches eut du mal à se retenir. Il jubilait réellement. Poulett ! Le Démoniste avait failli embaucher Poulett ! Même s'il l'avait voulu, il n'aurait jamais pu arriver à un aussi formidable résultat. Quelle chance !

Puis le rat grignota les morceaux du rat laissés par l'Elfe.

 

 

***

 

 

Chapitre 121 : Un nouveau plan

 

 

- Bon, ça ne marche pas.

- Quoi donc, Maître ?

 

Llégion ruminait sa mauvaise humeur en attendant dans le salon de coiffure d'Orgrimmar.

 

- Le recrutement. Faire ça à l'ancienne ne fonctionne pas. Je ne tombe que sur des débiles ou des tarés. Passe-moi le journal.

- Tenez... Vous êtes dur, Maître. Vous avez Yygor...

- Je l'ai viré.

- Et vous... Pardon, Maître ?

- Je l'ai viré. Il arrétait pas de péter, et la conversation d'un débile, ça va bien cinq minutes. Je suis Llégion le Maléfique, pas une de ces tarlouzes d'Elfes ! Rhaaa ! Quelqu'un a fait les mots croisés !

- Vous auriez le dernier Orgri-Match, Maître ? Et la Poulett ? Elle est où la Poulett ?

- Premièrement, c'est un Elfe. Deuxièmement, c'est une femelle. Troisièmement, c'est une femelle elfique, ce qui est pire que tout. Et quatrièmement, elle est complétement, totalement et définitivement tarée. Tiens, je l'ai fini.

- Moi, je la trouvais drôle, Maître. Merci.

- ... J'aime pas ton humour, Abatik.

- Hum... Alors on fait quoi, Maître ? Je me permets de vous signaler que vos finances ne nous permettent guère de folie.

- Comme d'habitude, Abatik. D'ailleurs, récupère quelques revues, ça fera ça de moins en achat de foin pour le canasson. Non, il me faut une idée. Quelque chose de nouveau, de frais, qui attire les foules et qui fasse parler de moi.

- Vous parlez d'un plan marketing, Maître ?

- Une marque de quoi ?

- Oups... Je veux dire, un genre de fête, Maître, ou de concours, pour rameuter le pigeon...

- Qu'est-ce que tu viens de dire ?

 

Llégion s'était redressé soudainement, faisant tomber la lourde pile de journaux sur ses genoux.

 

- Un concours, Maître ?

- Un concours... Oui... Oui ! Une idée brillante, Abatik !

- Merci, Maître. Mais concrétement ?

- Je vais organiser un genre de concours en public, qu'on appellerait... "Séides Academy" ! Ou bien… "A la recherche du nouveau Séide" ! Oui ! C'est ça !

- Ah bon, Maître ?

- On met des affiches partout, et on invite tout le monde à faire son numéro. Oui ! Ca c'est une idée !

- Mais Maître, les idées, c'est à moi de les trouver...

- Tu en penses quoi ? Sois franc.

- Euh... Deux objections, Maître ?

- Vas-y.

- En un, on va se farcir tous les crétins d'Azeroth avec ce genre de truc, Maître.

- On fera ça à Baie du Butin, comme d'habitude, comme ça, on pourra les balancer à la flotte. Je commence à avoir le coup de main, maintenant.

- Et en deux, c'est du boulot, Maître.

- Exact ! Et tu sais quoi ?

- ... Je vais m'en occuper, Maître ?

- Encore exact ! Tu vois que tu y arrives, quand tu veux !

- Oui, Maître... Quelle surprise...

 

 

...

 

 

- Je préférais avant.

 

Llégion leva les yeux au ciel en se retenant de pester. Surtout que Seln n'avait pas tort...

 

Il avait opté pour une nouvelle coupe de cheveux, mais le résultat n'était pas brillant. Au lieu de sa queue de cheval moisie à la base de son crâne chauve, il arborait maintenant une sorte de tonsure, d'autant moins satisfaisante que le coiffeur gobelin avait dû se débrouiller avec les quelques cheveux qu'il lui restait.

Et la couleur était ratée.

Pour tout dire, Abatik avait du mal à garder son sérieux, Mezz avait levé un sourcil, Zaza s'en fichait et Buck avait demandé si son Maître ne préférait pas mettre un chapeau ou un capuchon avant de monter sur son dos.

Et Seln avait fait la moue. Venant de sa part, cela signifiait que c'était une horreur.

 

- Le Gobelin avait l'air convaincu, Seln - Abatik, arrête de rire, tu m'énerves !

- Pffrr... Oui, Maître... *manque de s'étrangler*

- C'est lequel qui t'a coiffé, mon Llélé ?

- Un Gobelin. Ils se ressemblent tous.

- C'est le petit avec des verrues sur le nez, ou le moyen qui n'arrête pas de renifler ?

- Qu'est-ce que j'en sais, Seln ! Celui avec les verrues, je crois.

 

Seln secoua la tête en soupirant.

 

- Mamour, il va falloir que je m'occupe de toi... Tu ne peux pas faire n'importe quoi ! En plus, tu as le cheveu raide, il faut ABSOLUMENT que tu apprennes à utiliser les bons produits !

- Je...

- D'abord, il faut s'occuper de ta peau, mon loulou.

- Tu...

- On va aller à Lune d'Argent...

- Non.

- Si, tu ne discutes pas. Je connais un très bon établissement, tu vas voir, tu en sortiras propre comme un sou neuf !

- Sauf...

- Et on va changer cette coupe de cheveux. Quel incapable, ce Gobelin ! On va te remettre ta queue de cheval, elle est si mignonne, en plus, ça te va TELLEMENT bien !

- Rh...

- Et tu te tais !

- Qu...

- Chut !

- Je...

- Llégion !

- ... Oui, Seln ?

- Il est temps que je m'occupe de toi ! J'en ai assez de tes pitreries !

- ... C'est quand même moi le Maître, Seln...

- Mais oui, mon choubichounet ! Regarde-le, Zaza ! Il s'inquiéte !

- Wif !

- Non, je vais seulement m'occuper de ton apparence. Tu sais, mamour, si tu veux devenir Maître du monde, il faut que tu sois bien habillé et propre sur toi. C'est important, l'apparence... Quoi, qu'est-ce que j'ai dit ?

 

Llégion regardait la Succube d'un air estomaqué.

 

- Tu es au courant que je suis en train de conquérir le monde ?

- Ben oui.

- Moi, Llégion ?

- *pouffe* Tu n'arrêtes pas de le répéter, mon lapin !

- Mais tu ne t'intéresses jamais à ce que je fais !

- Bien sûr que si ! Je m'intéresse à ce que fais mon petit Llélé d'amour à moi !

- Seln ?

- Oui, mon roudoudou ?

- Parfois, tu m'inquiètes.

- Oh ! Regardez-le s'inquiéter pour sa Selneri ! Qu'il est trognon ! Hein que papa est trognon mon Zazounet ?

- Grrr...

- Mais si !

- Wif !

- De toutes façons, la priorité, c'est de retourner voir un "vrai" coiffeur. Pas un de ces escrocs d'Orgrimmar. Donc, on va à Lune d'Argent.

- Pas tout de suite, Seln.

- Mais tu as une tête TELLEMENT horrible, mon Llélé !

- Tant mieux. Non, on va d'abord terminer cette histoire de concours.

- Un concours ? Un concours de quoi, mamour ?

 

Llégion lança un regard affligé à Abatik qui se contenta de hausser les épaules tout en essayant de conserver son sérieux.

 

- Seln ?

- Oui, mon chéri ?

- Contente-toi d'être là. Je m'occupe du reste.

- Il faut que je mette quelque chose de spécial, mamour ?

- Fais comme tu veux.

- Mais c'est important, mon choubichounet !

- Tout te va de toutes façons, alors fais-toi plaisir.

- ...

- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dis encore ?

- Alors là, c'était gentil. Tu vois quand tu veux !

 

Llégion bougonna.

 

- Oui, bon... En plus, c'est vrai... Heureusement, parce que le futur Maître d'Azeroth se doit d'être entouré des meilleurs ! Pas d'une bande de pouilleux !

 

Seln sourit.

 

- Mais oui, mon lapin.

- Bref ! Demain, tout le monde se lève tôt. Le concours commencera à l'aube.

 

Llégion tourna les talons et se dirigea avec une vigueur un peu trop forte pour être naturelle vers l'auberge où il louait une chambre.

Seln le suivait en trottinant et en souriant, Zaza sur ses talons.

 

Abatik et Mezz se lancèrent un regard.

 

- (voix caverneuse) Ca va mal finir cette histoire, Abatik.

- Mais non...

- (voix caverneuse) Moi je dis que si. Il est de plus en plus bizarre je trouve.

- C'est juste que notre Maître grandit. Il quitte l'adolescence pour entrer dans l'âge adulte.

- (voix caverneuse) Très drôle. Mais je ne le sens pas.

- De toutes façons, ça foire toujours avec lui. On fera comme d'habitude : on improvisera et on gérera.

- (voix caverneuse) Si on pouvait éviter de me faire tuer cette fois-ci...

- Là, je ne peux rien promettre...

 

 

Moustaches se gratta une oreille. Demain allait être une journée intéressante. Peut-être même qu'avec un peu de chance, il y aurait... Sinon, ce sera quand même une journée profitable.

Puis le rat alla rejoindre Llégion en trottinant.

 

 

***

 

 

Chapitre 122 : Perdu dans l'espace

 

 

- Donc, voilà où j'en suis : aucune piste, même la Maîtresse des Démonistes de Fossoyeuse ne sait rien, en plus, il est au courant et son Diablotin aurait un plan pour me couillonner. D'où mon problème : je fais quoi maintenant ?

 

Sanguina, couchée aux pieds de son compagnon attablé à l'auberge de la Croisée, leva la tête et jeta un oeil vers lui. Vimayre semblait abattu, et avait à peine touché à son verre - malgré le fait que l'aubergiste, comme d'habitude, lui en avait demandé le double du prix "parce que j'aime pas les Taurens".

Puis le raptor se tourna vers deux clients, un Guerrier Tauren et un Chaman Troll qui discutaient avec animation.

 

- Je ne vais quand même pas fouiller tout Azeroth ? En plus, le temps de retrouver une piste, il aura encore filé. Ca, il faut le reconnaître, s'il le fait exprès, il est sacrément fort.

 

Vimayre soupira à nouveau tandis que Sanguina tendait l'oreille, attentive à la conversation des deux Hordeux.

 

- Tu weux diwe qu'il t'a chawgé, comme ça, sans waison ?

- Ouais, j'étais tranquille, tu vois, en train de boire une bonne bière - avec les potes, on venait de se faire une virée chez l'autre pouffe de Jayna, et je peux te dire qu'on s'est bien marrés...

- N'empwêche, la dewnière fois que j'y suis wallé, la blwondasse m'aw télépowté en plwein au dessus dwe Stwanglewonce. J'wai eu chwaud aux fesses !

- Ca, elle est fortiche, pour une blonde.

- Swi ça se twouve, ça en est paws une vwaie.

- Faudra demander à Thrall - il paraît qu'il a des infos !

 

Les deux compères éclatèrent de rire, tandis que Sanguina se tournait à nouveau vers Vimayre qui chipotait le bol de cacahouètes.

 

- Et donwc ?

- Ouais, donc j'étais là, tranquille, avec ma bière, j'emmerdais personne, tu vois.

- Twanqwille.

- Ouais, et l'aut' con qui se met à hurler, euh... "Pas nounours ! TAPER !!!" et qui me fonce dessus !

- "Paws nounouws" ?

- Ouais, un débile, quoi. Un Orc.

- Suwtout qwand on sait qwe tu l'as depwis des années, ton nounouws.

- Ben ouais, c'est un cadeau de mamie. Il aurait pu me demander, quoi, on est pas des bêtes.

- Il étwait fowt, le dwébile ?

- Tu parles ! Un branleur, oui ! Je l'ai assommé d'une main. Et là, l'autre grand chauve - il avait l'air encore plus con que l'Orc - qui me pête un scandale, comme quoi j'ai pas le droit d'abîmer la marchandise, tout ça...

- Twu l'as claqwé ?

- Ben non, tu sais bien, j'aime pas taper sur les Morts-Vivants, j'ai toujours peur de leur arracher un truc...

 

Sanguina tendit la tête vers les Hordeux, soudain très attentive.

 

- Wemawqwe, la dewnièwe fwois, le juge a étwé sympwa, tw'as eu qw'un awewtissement.

- Ouais, mais quand même. Par contre, t'aurais vu le canasson... Un de ces bestiaux de Démoniste, mais carrément hyper-classe ! P'tain, tout le monde était scotché !

- Cwa dewait êtwe un supwer dDwémo, alows, le genwe à awller cowller des bwaffes à Illidan pouw s'occwuper.

- Même pas ! Un minable ! Avec un tas de démons tous plus miteux les uns que les autre - sauf peut-être le rat... *frisson* Celui-là, il m'a fichu les chocottes...

 

Sanguina, surveillant toujours les deux Hordeux, se mit à gratter la jambe de Vimayre pour attirer son attention.

 

- Fous-moi la paix, Sanguina...

- Rrrr ! RRRR !!!

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rrrr !

 

Vimayre jeta un oeil sur la table et se figea.

 

- ... Et donc, là, il embarque l'autre abruti d'Orc sur ce cheval - enfin, c'est le gros machin bleu qu'ils trimballent partout...

- Un Mawcheuw dwu Wide.

- Ouais, voilà, et le canasson, il faisait, genre, précieux - faut dire qu'un gars puant sur un bestiaux de cette classe ! Ca faisait pitié. Et l'autre grand con qui gueule, qui m'insulte - remarque, c'est la première fois qu'on me traite de... Comment c'était, déjà ? Ah ouais, "mal à ta peste".

- Malpeste ! Par la malpeste !

 

Vimayre venait de se précipiter sur la table, l'air à moitié fou.

 

- Ouais ! C'est ça ! Dites, vous êtes qui, vous ?

- Owais, on aimewait wester twanqwille...

- Ta gueule, merdaille !

- Eh !

- Vimayre, Contrôleur Principal ! Quand l'avez-vous vu ? Le Mort-Vivant ?

- Mewde, les impwôts... Bon, je twe laisse, hein, j'awais paws wu l'heuwe...

- Faux-frère...

 

Vimayre ignora le Troll qui prenait la poudre d'escampette et agrippa le Guerrier par le devant de son habit.

 

- C'ETAIT QUAND ???!!!

- Eh, cool mon frère. C'était il y a quoi... Quelques jours ? A Grom'Gol.

- Grom'Gol ! Il était à Grom'Gol !

- Faut croire. Il a piqué le canasson ? Je me disais bien...

- Où est-il allé ? OU ?!

- C'que j'en sais... Je l'ai pas suivi.

- Je...

 

Vimayre lacha le Tauren et s'effondra dans un siège.

 

- Bordel ! Où il a pu aller ?

- Si c'est le Mort-Vivant que vous cherchez...

- Oui ! OUI !

- ... je l'ai vu ensuite à Orgrimmar. Il avait monté un stand près de la banque. J'ai cru qu'il  faisait des dédicaces, et... Ben le voilà parti.

 

Vimayre s'était rué dehors et avait sauté sur le dos de son kodo, qui se mit à trotter tranquillement après avoir lâché une galette juste sur les pieds d'un garde.

 

- Il est pawti ?

- Ouais. T'as toujours pas payé la pension de ta femme ?

- Bwen non.

- Si t'avais fait comme pour les autres, aussi. Pourquoi tu l'as pas bouffée ?

- Jwe faiwsais un wégime....

 

 

Pas très loin de là, Moustaches sentit une sourde angoisse monter en lui. Le moment tant attendu approchait... Tout serait-il à la hauteur ?

Puis le rat pissa sur un lampadaire.

 

 

***

 

 

Chapitre 123 : No more heroes any more

 

 

NB : Toute ressemblance avec une scène de "Mystery Men" ne serait pas du tout une coincidence, vu que j'ai tout pompé dessus !

 

 

 

Whatever happened to Leon Trotsky ?

He got an ice pick

That made his ears burn

Whatever happened to dear old Lenny ?

The great Elmyra and Sancho Panza ?

Whatever happened to the heroes ?

Whatever happened to the heroes ?

 

Whatever happened to all the heroes ?

All the Shakespearoes ?

They watched their Rome burn

Whatever happened to all the heroes ?

Whatever happened to all the heroes ?

 

No more heroes any more

No more heroes any more

 

Whatever happened to all the heroes ?

All the Shakespearoes ?

They watched their Rome burn

Whatever happened to the heroes ?

Whatever happened to the heroes ?

 

No more heroes any more

No more heroes any more…

 

 

 

Llégion s'était levé d'humeur passable, notamment à cause de la tempête durant la nuit et du trou dans le toit.

Donnant directement dans sa chambre.

Pile au dessus de son lit.

La tête de son lit, bien entendu.

 

 

Après s'être préparé, le futur Maître du monde sortit affronter son destin... Malgré l'intense campagne de "publicité" - un mot que lui avait appris Abatik - Llégion partait du principe que son concours allait faire un bide.

Question d'habitude.

 

Il fut donc agréablement surpris en découvrant une petite foule assemblée sur les quais de Baie du Butin, attendant dans un brouhaha que le jury daigne paraitre.

Sa surprise fut moins agréable en voyant les tenues des candidats...

 

Llégion fit un signe discret à Abatik.

 

- Abatik ?

- Oui, Maître ?

- C'était quoi le mot que tu as employé hier ?

- "Crétins", Maître ?

- Oui, c'est ça... Finalement, "pignoufs", ça me paraît mieux.

- Pour une fois, je suis d'accord avec vous, Maître.

- Ils ont l'air graves.

- Je vous avais prévenu, Maître. Mais c'est vrai que là, on fait fort.

- Il est encore temps d'annuler ?

- Je ne pense pas, Maître. Certains sont plus expérimentés que vous.

- Bon, au moins, ça ne me change pas de mon ordinaire.

- On ne sait jamais, Maître, il y en a peut-être des biens...

 

Llégion haussa un sourcil en regardant le Diablotin.

 

- C'est gentil de faire ton numéro de faux-cul, mais là...

- Effectivement, Maître... On devrait peut-être y aller maintenant ? Histoire de finir rapidement ?

- Ca me parait indispensable.

 

Llégion s'assit solennellement derrière la table que Mezz avait installée la veille avant de repartir faire sa tournée des administrations.

Abatik s'assit à sa droite, tandis que Buck, réquisitionné pour l'occasion, s'installait à sa gauche. Il avait accepté de participer après avoir vu les vétérans fuir en courant la ville devant l'invasion des candidats.

Il venait de voir les candidats, et commençait déjà à regretter sa décision.

 

Seln arriva en retard, comme d'habitude, et fut accueillie par un concert de sifflements admiratifs et un glapissement de douleur - celui du Gnome qui avait essayé de lui mettre la main aux fesses et tomba nez à museau avec Zaza.

La Succube avait opté pour un paréo et un petit haut noué sous la poitrine, ainsi qu'un chapeau de paille piqué d'une plume. Elle s'assit d'abord sur le bord de la table, puis se plaça en ronchonnant derrière Llégion après que plusieurs candidats se soient effondrés d'apoplexie devant le spectacle de son croisement de jambes.

 

Quant à Moustaches, il attendait sous la chaise du Démoniste la suite des évènements.

 

Llégion frappa finalement du poing sur la table.

 

- Vos gueules, merdaille ! Bon, au premier de ces minables !

 

 

 

 

Le premier des candidats, un Elfe de Sang, s'avanca, l'air sûr de lui. Il portait une tenue ridicule blanche et rouge, et était affligé d'un peu de bide.

 

Llégion, penché sur sa fiche, leva la tête :

 

- Bon, déclinez vos noms et talents.

 

L'Elfe se mit à sourire d'un air confiant

 

- Moi, Denis le Gaufrier, avec ma Grille de Justice, j'assomme mes ennemis d'un seul coup, ou... je leur brûle la gueule comme ça.

 

"Denis" prit alors le gaufrier - si si - qu'il tenait à la main et se l'appliqua sur la joue, dans un bruit de grésil. Le jury grimaça d'écoeurement.

 

- Ah ah ah ah... zzzzzz.

 

Puis il sortit de sa poche une bouteille déjà bien entamée et qu'on devinait légèrement gluante et collante, qu'il présenta fièrement au jury.

 

- J'ai aussi bien sûr ma potion de vérité qui est... 0% matières grasses.

 

Il se mit soudain à se trémousser comme s'il était prit d'une envie pressante - ce qui était peut-être bien le cas, à bien y réfléchir...

 

- Et j'ai écrit ma chanson ! C'est genre, euh... : "Gaufreman ! Je suis le Gaufrier. Je grille à point, méchants et vilains !" *rire pseudo-sardonique* Et puis je cours, enfin, vous voyez, et réfléchissez - vous avez une assurance santé dans votre groupe, à propos, dentaire, optique...

 

Llégion secoua la tête de dépit et barra un nom sur la feuille devant lui.

 

- Suivant.

 

 

 

 

Le second candidat s'avança. L'Elfe de la Nuit arborait un sourire un peu figé, portait une tenue jaune, des crayons à papier dans sa poche de poitrine et les lettres "PM" à côté. Il se tenait dans la posture classique du super-héros(tm), menton haut et poings sur les hanches. Le jury nota les détails qui tuaient : une cape en plastique transparent et une toque ridicule sur la tête.

Et il zozottait légérement, en plus.

 

- Zalut. Ze zuis Pointeman.

 

Un Gnome, habillé exactement pareil, avec la même expression figée, surgit de derrière l'Elfe  et se mit à ses côtés dans la même position.

 

- Et moi, je suis Mini-Pointeman.

- Nous transperzons le Mal.

 

Abatik soupira, tandis que Llégion barrait encore un nom sur sa feuille.

 

- Deux générations de...

- Merci.

 

En partant, le Gnome demanda à l'Elfe :

 

- (aparté) Ca allait ce que j'ai fait ?

- (aparté) Ze crois qu'on leur a plu.

- (aparté) Ah, super !

 

 

 

 

Le troisième candidat semblait prometteur. Il s'agissait d'un Orc assez costaud avec un air mystérieux, arborant une petite moustache et une barbiche de spadassin. Il était vétu de noir, un masque noir cachant le haut de son visage, et il arriva enveloppé dans une longue cape noire.

 

Les membres du jury se redressèrent, soudain intéressés par son allure pleine de promesses.

 

Buck, quant à lui, essayait encore de récupérer du précédent :

 

- C'est affligeant...

 

Puis voyant l'Elfe mystérieux, il se redressa lui aussi et attendit la suite avec intérêt.

 

L'Orc s'approcha, s'arrêta devant la table, et proclama :

 

- Je suis...

 

Il ouvrit alors sa cape qui dévoila un justaucorps moulant, noir toujours, un foulard rouge autour du cou et surtout, surtout ! ... un tutu en tulle rose.

 

- Ballerine-Man !

 

L'Orc se mit alors à danser et à faire des entrechats, tandis qu'une musique de ballet, venue d'on ne sait où, se mit à se faire entendre.

Le jury était affligé.

 

- Oh... Qu'est-ce qu'il ne faut pas voir...

 

Après quelques entrechats, l'Orc s'éloigna en se drapant à nouveau dans sa cape.

 

Llégion barra encore un nom.

 

- Merci.

 

 

 

 

Le quatrième - LA quatrième, en fait - était donc une Draeneie brune, vétue d'une tenue très "flashy" ressemblant énormément à la célèbre tenue moulante d'une certaine Femme Merveilleuse(tm). Elle se planta devant le jury, les mains sur les hanches et le menton levé, dans la posture classique du super-héros(tm) que nous connaissons tous maintenant bien.

 

- Je suis...

- Eh !

 

Une autre Draeneie, blonde cette fois-ci, mais avec exactement la même tenue, surgit de la foule en rage.

 

- Tu m'as copiée !

- C'est toi qui m'as copiée !

- Sûrement pas !

- Morveuse !

 

A la surprise - et joie - générale, la brune colla son poing dans la figure de la blonde et les deux Draeneies commencèrent à se battre... sous les encouragements de la foule toujours la première pour mater... pour regarder deux filles se battre dans la boue.

Les membres du jury se lèvèrent aussi, avec un sourire en coin - mais seulement pour observer, hein...

 

Abatik se pencha alors vers son Maître, l'air faussement hypocrite.

 

- Y'a un certain potentiel, Maître

 

Llégion continuait à regarder avec effarement les deux donzelles se déchirer leurs habits à coups de griffures et de morsures. Abatik hocha la tête.

 

- J'y crois.

 

 

 

 

Le cinquième, un Humain, avait une dégaine d'Espagnol de carnaval, avec un sabre à la main et un coup - ou deux, ou dix - dans le nez.

 

- Yé souis Kodo-Ador. Y'adore touer les kodos. Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

 

 

 

 

Le sixième prit la forme d'un Tauren plutôt enveloppé, en salopette et avec une tige métallique de forme bizarre sur la tête, ainsi qu'un drôle d'objet mécanique sur le torse.

 

- Bonjour, amis conquérants du monde. Je suis Radio-Man.

 

 

 

 

Le septième était un Gnome chaussé d'échasses avec, là encore, une tige métallique sur la tête.

 

- Et moi, l'Antenne !

 

 

 

 

Le huitième, un Nain, portait des lunettes de plongée - très pratique sur la terre ferme - et était "armé" d'un balai pour laver les vitres, sûrement une invention des Gnomes, qu'il mit sous le nez d'Abatik.

 

- Je suis Balai-Eponge. Vous sentez son pouvoir ?

- Oui... oui, oui.

 

 

 

 

La neuvième était une Morte-Vivante habillée de rouge, un air supérieur sur le visage qui la rendit de suite antipathique au jury.

 

- Je suis Vengeur Sans Règles. Je ne travaille que 4 jours par mois. C'est un problème pour vous ?

 

Les membres du jury s'empressèrent de la rassurer dans un magnifique ensemble.

 

- Non... non, ça va.

- C'est comme vous voudrez.

- Il n'y a rien à redire.

- On vous appellera.

- On vous remercie beaucoup d'être venue.

 

La Morte-Vivante poussa un soupir d'agacement et s'en alla en leur faisant un geste obscène du doigt.

 

- Ca va, laissez tomber !

 

 

 

 

Llégion, passablement excédé, se leva alors et jeta son crayon sur la table et la feuille noircie de traits rageurs.

 

- Rhaaa ! Par la malepeste ! Ca suffit !

 

 

 

 

Whatever happened to Leon Trotsky ?

He got an ice pick

That made his ears burn

Whatever happened to dear old Lenny ?

The great Elmyra and Sancho Panza ?

Whatever happened to the heroes ?

Whatever happened to the heroes ?

 

Whatever happened to all the heroes ?

All the Shakespearoes ?

They watched their Rome burn

Whatever happened to all the heroes ?

Whatever happened to all the heroes ?

 

No more heroes any more

No more heroes any more

 

Whatever happened to all the heroes ?

All the Shakespearoes ?

They watched their Rome burn

Whatever happened to the heroes ?

Whatever happened to the heroes ?

 

No more heroes any more

No more heroes any more

 

 

***

 

 

Chapitre 124 : Ca va barder !

 

 

- Tu vas me dire où il est allé, sinon je te colle le plus magnifique contrôle fiscal depuis la dernière invasion du Fléau !

 

Vimayre avait soulevé le Gobelin du salon de coiffure d'Orgrimmar par les oreilles et le tenait à hauteur de son visage, d'ailleurs déformé par la rage.

 

- *Aïe !* Je l'ignore, monsieur le Contr... *aïe !* le Contrôleur Principal. Je vous... *aïe !* je vous le jure !

- Tu es coiffeur ! On te raconte tout ! Même quand on ne veut pas parler, tu nous emmerdes avec tes conversations sans intérêt ! Alors parle ! PARLE !

- Je ne sais... *aïe !* pas. Juré ! Il n'a... *aïe !* rien dit ! Il était énerv... *aïe !* énervé !

- Il est TOUJOURS énervé ! Et moi fou de rage ! Parle !

- Je vous j... *aïe !* jure ! Il a seulement demand... *aïe !* demandé s'il pouvait... *aïe !* pouvait mettre une affiche. *aïe*

- Une affiche ?!

- Oui, là *aïe !*

 

Vimayre lâcha brutalement le Gobelin qui tomba par terre et se releva en se massant les oreilles, devenues extrémement rouges.

 

- Là, je l'ai mise sur la devanture. C'est un genre de concours...

 

Vimayre arracha l'affiche et la relut attentivement. Puis, lentement, un sourire sadique apparut sur son visage.

 

- Quel jour sommes-nous, coiffeur ?

- Merde, vous avez failli m'arracher les oreilles ! Vous ne savez pas qu'elles sont fragiles ?

 

Vimayre se retourna vers le coiffeur qui se tut et déglutit en voyant sa tête.

 

- Euh... Mercredi. C'est pour ça qu'il y a des gosses partout.

- Et quelle heure est-il ?

- Je dirais... 11h, au soleil.

- Et ce concours, il y a eu des gens intéressés ?

- Ben, bizarrement, oui. Par contre, que des nazes.

- Bien.

 

Vimayre relut à nouveau l'affiche, le sourire toujours aux lèvres.

 

- Baie du Butin. A 10h. Ce mercredi.

 

Puis il lança un regard à Sanguina, qui se mit à pousser une sorte de rire cruel.

 

- Les affaires reprennent, ma belle. On va manger du macchabé ce midi.

 

Le Tauren et le raptor partirent vers la tour des wyvernes à pas rapides.

Le Gobelin secoua la tête en soupirant.

 

- On voit vraiment de ces tarés, tiens. J'aurais dû suivre les conseils de mon père et m'installer chez les Gnomes... Au moins, j'aurais été peinard, à Gnomeregan... Bon, vous avez eu le temps de choisir ?

 

Le Gobelin retourna vers son client, un Elfe de Sang.

 

- Peut-être une coupe facile à entretenir, qui n'offre pas de prise aux ennemis ? La brosse est un classique...

- Moa jve la mém ke Sangoku !!! jador se meque !!! lol !!!

- *soupir* Et une coupe "Pêteux inculte", une !

- lol !!!

 

 

***

 

 

Chapitre 125 : Retour aux sources

 

 

Llégion souffla sur son bâton pour le refroidir, puis remit son bandeau en place.

 

- Il en reste encore ?

- Non, Maître. Ceux que vous n'avez pas jetés à l'eau ou cramés directement ont préféré s'enfuir.

- Ils sont moins bêtes qu'ils n'en ont l'air alors.

- Je n'irais pas jusqu'à là, Maître... C'était plutôt une question d'instinct de survie.

 

Llégion regarda autour de lui en fronçant les sourcils. La table n'était plus d'un tas de cendres fumantes, et là où se tenaient les candidats était répandu tout un assortiment d'armes, d'armures et d'objets divers abandonnés par leurs propriétaires au moment de leur fuite.

Il faut dire que la colère de Llégion avait été spectaculaire, au point de rameuter les gardes Gobelins qui, au lieu d'intervenir, s'étaient contentés de regarder en mangeant leurs sandwiches de déjeuner.

Ils avaient aussi applaudi à la fin.

 

- Je pense à un truc, Abatik.

- Aïe !

- Ta gueule. Ca doit valoir du fric, le fatras abandonné là.

- Vous lisez dans mes pensées, Maître. Je m'en occupe avec le canasson ?

- Fais donc ça.

 

Le Diablotin mit deux doigts dans sa bouche et poussa un coup de sifflet strident.

 

- Buck ! Ramène tes fesses !

- Ami Abatik, je me permets de vous objecter...

- On s'en fout, vieux. Je récupère le matériel. Toi tu le portes.

- Plaît-il ? Euh... Monseigneur ?

- Quoi ?

- Oserais-je objecter, Monseigneur, que je ne saurais point être considéré comme une vulgaire bête de somme... Même si je ne suis qu'une simple monture, ma fonction...

- Buck ?

- Oui, Monseigneur ?

- Ta gueule.

- Oh.

- Et dépêche, je suis pressé.

- *soupir* Une monture de mon envergure...

 

Llégion se retourna et tomba nez à nez avec Seln qui lui passa une main sur le crâne.

 

- Tu vois, mamour, tu es tout décoiffé. Tu n'aurais JAMAIS dû aller dans ce salon de coiffure à Orgrimmar !

- Seln...

- On peut aller à Lune d'Argent maintenant, mon lapinou ?

- Pas "lapinou", Seln.

- Oh qu'il est trognon...

- Sérieusement, Seln. Tu peux m'appeler comme tu veux, mais pas "lapinou".

- T'es pas drôle, mon choubichounet.

- M'en fous.

- Alors ? On y va, mon coco ?

- Ni "mon coco". Ca fait perroquet.

- Ah oui, c'est vrai. Ca serait drôle, hein, que tu sois un perroquet !

 

Seln se mit à pouffer tandis que Zaza, toujours collé à ses sabots, lançait un regard éloquent à Llégion.

 

- Bon, tout le monde...

 

Les démons se réunirent autour de leur Maître, Buck faisant un peu la tête du fait du fatras d'objets divers, dont certains plutôt miteux, encombrant sa selle.

 

- Abatik !

- Oui, Maître ?

- Où est Mezz ?

- Deux secondes, Maître, je me renseigne... Il rentre. Les bureaux ferment pour le pont.

- Le pont ? Il y a une rivière dans ces bureaux ?

- Euh... Non, Maître, ça veut dire qu'ils ferment 6 jours à cause d'un jour férié.

- ... C'est pas mal, ça, comme concept.

- Oui, Maître, c'est l'administration. Faut pas chercher à comprendre.

- Donc, Mezz est disponible ?

- Oui, Maître. Et peut-être même plus longtemps, parce que votre dossier doit passer en commission d'attribution et qu'elle ne se réunira que dans deux semaines. Donc pas avant un mois.

- Magnifique... Bon, ça tombe bien, ça fait longtemps qu'on n'est pas parti à l'aventure.

- Mais mamour, tu avais dit qu'on irait à...

- TU avais dit. Moi, je me suis contenté de me taire.

- Mais...

- Plus tard, Seln. Bon, j'ai décidé d'aller en Désolace. Ca m'avait paru un endroit plein d'opportunités quand on y était allé à cause de l'histoire de l'autre alcoolique. Abatik ? Ton avis ?

- C'est un désert, Maître.

- Tant mieux, j'aurai la paix comme ça.

- Un désert, mais avec plein de bestioles partout, Maître.

- Quel genre, les bestioles ?

- Des démons, des Orcs, des Centaures... Surtout des Centaures, en fait, Maître.

- C'est tout ?

- Euh... Ah oui, et des Nagas aussi, Maître.

- Exactement ! Pile ce qu'il me faut.

- Ah bon, Maître ?

- Oui, et sauf erreur de ma part, il y a aussi des géants sur la côte.

- En effet, Maître.

- Bien... Très bien...

 

Un tremblement se fit alors dans l'air près d'Abatik, puis Mezz apparut, une pile de dossiers dans les bras.

 

- (voix caverneuse) Notre affaire avance bien, Maître.

- Tant mieux, je ne te paye pas à rien faire.

- (voix caverneuse) Je n'ai pas souvenir d'être pay…

- On s'en fout. On va en Désolace tuer des trucs. Tu en penses quoi ?

- (voix caverneuse) Je suppose que je vais vous servir à distraire vos ennemis, et donc que je vais souvent mourir...

- Je prends ça pour un oui. Buck, tu n'es qu'un canasson, donc c'est oui aussi.

- Monseigneur, sans vouloir vous manquer du moindre respect, j'apprécierais que le vocable "canasson" fasse l'objet d'un emploi moins récurrent de votre part.

- Buck ?

- Oui, Monseigneur ?

- Ta gueule.

 

Llégion se tourna alors vers Seln qui était en train de rajuster les rubans multicolores et le bob de Zaza. Il eut le temps de croiser le regard du Chasseur Infernal, et sentit un bref instant toute la douleur de la condition du "Zazounet à sa maman".

Parfois, il n'enviait pas son sort.

 

- Seln ? On part en Désolace.

- Non.

- Et je pense que... Quoi ?

- Non.

- Il me semblait que tu y avais de la famille...

- Ecoute, mon lapin, il est ABSOLUMENT hors de question que je retourne là-bas.

- Et pourquoi ?

- Tu... Je...

 

La Succube bafouilla en rougissant et s'arrêta de parler. Llégion lança un regard à Abatik qui comprit l'allusion et prit Seln à part pour parler avec elle.

 

Il revint après quelques minutes de discussion animée et fit signe à son Maître qu'il voulait le voir en particulier.

 

- Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?

- C'est un peu gênant, Maître... mais c'est très important pour Seln.

- Voilà autre chose… Je t'écoute.

- Voilà, Maître, mais avant tout, il faut garder en tête que traditionnellement, les Succubes sont issues de milieux démoniaques très favorisés, et que Seln est très attachée, comme toutes ses copines, à son standing et à son train de vie.

- J'ai cru remarquer, vu l'état de mes finances.

- C'est vraiment très important pour une Succube, Maître. Il n'y a pas de pauvres ni de pouilleux dans cette branche.

- J'ai compris, mais quel est le rapport avec la Désolace ?

- Maître, je ne veux pas vous commander, mais...

- Mais ?

- Vous devez faire très attention à la façon dont vous traitez Seln, Maître. Si vous poussez le bouchon trop loin, elle finira par vous plaquer.

- C'est un démon. Elle ne peut pas partir. Comme vous tous, d'ailleurs.

- Les Succubes, c'est particulier, Maître. Elles, elles peuvent partir. Et si Seln part, ça va faire du foin en bas et vous aurez des ennuis.

- Par la malepeste ! C'est quoi cette histoire encore ?

- Voilà, Maître - mais vous ne devez en parler à personne, parce que sinon, Seln va me passer un savon, et…

- Accouche !

- Seln n'est pas une gosse de riches, Maître. Elle vient de Désolace, et pour les Succubes, c'est vraiment un trou immonde, un coin peuplé de ploucs et de bouseux. Ils ne se reproduisent même pas entre eux, c'est dire !

- Je vois effectivement mal une Succube là-bas : comment elle a fait ?

- C'est... compliqué, Maître. Il faudrait des heures pour tout vous expliquer...

- ... et en plus, je m'en fous. Fais-moi la version courte.

- Ses parents ont plus ou moins été exilés là-bas, Maître.

- Et comment elle a fait pour devenir Succube ?

- N'oubliez pas qu'elle n'a pas son diplôme, Maître.

- Exact... Mais dis-donc ! On m'a fourgué un démon de second ordre !

- Ben... Oui et non, Maître.

- C'est-à-dire ?

- Elle a un oncle qui, lui, est très puissant "en-bas". Le genre de démon a qui on rend service sans discuter, Maître. Il a fait en sorte qu'elle soit acceptée là où il fallait.

- Y compris chez moi ?

- Sûrement, Maître. Il est du genre persuasif. Il a dû demander à ce que Seln ait une affectation malgré son absence de diplôme, et c'est tombé sur vous.

 

Llégion se pinça l'arête du nez en soupirant.

 

- Bon, en gros, elle ne veut pas retourner dans la fange de son enfance, c'est ça ?

- En gros, oui, Maître. Et puis, il y a des Succubes qui y font des virées de temps en temps, histoire de se moquer des ploucs, vous voyez le genre… Si on la voit là-bas, elle aura des ennuis. Et vous aussi, connaissant l'oncle.

- Donc ?

- Je peux vous donner un conseil, Maître ?

- Tu sers à quoi sinon ?

- Désolé, Maître... On l'envoie à Lune d'Argent, on lui laisse un peu de l'or que vous allez récupérer avec le matériel des crétins de tout à l'heure...

- Des pignoufs.

- ... des pignoufs, pardon Maître, et nous on va en Désolace.

- Je n'aurais jamais assez d'or pour qu'elle tienne seule là-bas, Abatik.

- Si on lui explique, elle fera attention, Maître.

- Pas sûr...

- Mais si, Maître ! Vous savez, elle est plus futée qu'elle n'en a l'air. Le côté "cruche", ça fait aussi partie du personnage.

- Magnifique. Tu es en train de me dire qu'elle se fout de moi depuis le début ?

- Euh... En fait, pas vraiment. Je pense qu'elle est vraiment comme ça. Mais ça n'enlève rien au fait qu'elle est moins bête que ce qu'elle montre. Surtout s'il est question d'argent.

- C'est vrai qu'elle a l'art d'embobiner les vendeurs...

- Alors on fait comme ça, Maître ?

 

Llégion resta silencieux, réfléchissant à la question. Laisser Seln seule à Lune d'Argent, avec une partie de son or... D'un autre côté, les ennuis avec son "oncle"...

 

- Rhaaa ! Par la malepeste ! Pourquoi c'est jamais simple !

- Alors, Maître ?

- On fait comme tu dis. Bon, Seln...

- Maître ! Votre ourl... Aïe !

 

 

Moustaches regarda d'un air dubitatif Llégion se relever en pestant. Nagas et géants... Pourquoi s'intéresser soudain à ceux-ci ? A moins que le Démoniste... Non... Cela signifierait que... Sauf si...

Le rat sentit un frisson d'inquiétude le traverser.

 

 

***

Publié le 05/02/2010 - Pas de modifications
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