Articles de Joy Briggs - Repérage
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Alors que nous discutons, je remarque une créature maigre qui nous observe de loin. Elle semble avoir un museau de loup, mais des cornes sur la tête. Je la désigne aux autres, et Tadhg l'interpelle « C'est toi Prince ?

- Oui.

- Viens, approche.

- Je ne veux pas vous faire peur.

- Bof, on a eu notre dose, ne t'en fais pas. »

Il s'approche. Son apparence est effectivement assez repoussante, mais comme nous sommes prévenu·es, nous passons outre sans trop de difficulté.

Il nous dit être un Ahroun, comme Shannon. Il nous explique nos lignées : je suis une enfant de Gaïa, dont le totem est la Licorne. Ça me plaît (est-ce que les licornes existent aussi ? J'espère en voir une). Le totem de Tadhg est le Cerf, comme l'avait dit Shannon, celui de Theodore le Faucon, et celui de Piitai l'Uctena.

 

Spencer arrive en courant, désigne Tadhg « Toi, avec moi, vite ! » et poursuit son chemin sans plus guère d'explications. L'Irlandais lui emboîte le pas. Prince nous laisse pour aller faire une ronde, et je me lève à sa suite pour aller me coucher. Je remarque alors que Theodore semble… briller, non, plutôt irradier d'une lueur fascinante. Piitai le regarde également, je suppose qu'il voit la même chose que moi. Je décide de ne pas me préoccuper de ça et me dirige vers la tente. Theodore fait de même, mais Piitai se transforme et reste dehors.

 

Dans la nuit, je me réveille en sursaut quand une main secoue mon épaule, tandis qu'une voix tente de percer les brumes de mon esprit « Joy ! Réveille-toi, Maigan veut qu'on la rejoigne dehors, elle a un truc à nous montrer ». Je grogne, mais me lève, gardant la couverture enroulée autour de moi. Je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est, mais je suis sûre que ce n'est pas une heure civilisée pour réveiller les gens.

Maigan est sous sa forme naturelle, et grogne pour que nous nous transformions également. Theodore a déjà son aspect de loup arctique, mais Piitai et moi ne réussissons pas à quitter notre forme humaine. Agacée, Maigan me mord, et me voilà sous forme… de crinos. Je ne suis pas sûre que c'est le résultat qu'elle attendait. Elle se tourne ensuite vers Piitai et devient louve géante : l'impression de puissance qu'elle dégage suffit à le débloquer, et nous voilà tou·tes en capacité de communiquer.

« Il y a une odeur inconnue dans la vallée, vous allez me suivre pour observer ; mais toi, prends une forme discrète enfin ! »

Je me concentre et reprends enfin la forme lupine souhaitée. Nous courons, tou·tes, derrière Maigan. Il y a quelque chose de grisant dans cette course ; le temps file différemment, nous sentons et entendons tellement de choses. Notre guide s'arrête finalement en haut d'un escarpement, et nous contemplons une route en contrebas.

« L'odeur que je sens viens de l'autre côté ; venez ». L'asphalte nous semble avoir une odeur de tabac froid. Beurk.

Au loin, nous voyons les lumières de Missoula. Je ressens que quelque chose n'est pas à sa place, mais sans pouvoir expliquer d'où me vient cette impression.

« Alors, vous voyez quoi ?

- des voitures, répond rapidement Piitai

- combien ?

- trois, peut-être quatre

- bien. Des humains ?

- oui, je dirais huit

- bien. Ragabash, va discrètement ; Ahroun, reste là. Theodore, à toi de choisir ta voie ». Notre aristocrate compagnon décide de rester en arrière. Probablement une bonne idée, vu comme son pelage se détache dans la nuit.

 

J'avance très lentement, jusqu'à identifier le véhicule du shérif. À côté, un véhicule arborant le sigle PMW. Le shérif parle avec un type en costume et un autre avec un casque de chantier. Ils regardent un plan étalé sur le capot. Je m'approche un peu plus pour essayer d'entendre ce qu'ils disent.

« Ca partira de cet arbre, jusqu'à celui-là je pense.

- Et vous pensez commencer les travaux quand ?

- Le plus vite possible ».

J'en ai assez entendu, je reviens faire mon rapport. Maigan voudrait que nous allions en apprendre plus, mais nous la convaincons que cela doit attendre le lendemain : pour enquêter en ville, mieux vaut que nous soyons habillé·es.

Nous retournons nous coucher ; je me roule en boule sur le lit et m'endors sous forme lupine, trop fatiguée pour me demander ce cela n'est pas un peu dangereux.

Publié le 02/11/2026 - Pas de modifications
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